Creepy Pastecs – Au Royaume de Kissouland

SYNOPSIS

Suzie, une jeune streameuse Urbex, se retrouve en possession d’un étrange DVD abandonné. Alors qu’elle visionne le film durant un live, l’influenceuse se retrouve propulsée en plein coeur d’un fabuleux (ou pas) univers en pâte à modeler.

FICHE TECHNIQUE

Date de sortie : 25 décembre 2024

Durée : 5min55

Genre : comique, horreur, fantastique

Format : épisode de série d’anthologie

Langue : français (et cris inintelligibles)

Réalisation : Erizu Teriyaki

Scénario : Erizu Teriyaki

Cadrage : Erizu Teriyaki

Direction artistique : Erizu Teriyaki

Animation : Erizu Teriyaki, Quentin Moreau, Coralie Moreau et Nathan Moreau

Montage : Stéphane Moreau

Musique originale : Quentin Moreau

Distribution :

Coralie Moreau : Suzie

Quentin Moreau : Le prince

Erizu Teriyaki : Erizu Teriyaki

Christophe Pencrech : l’homme à la chaussette

GENÈSE

En 2023, ma famille et moi avons imaginé une web-série d’horreur comique (un genre que nous appelons le comico-gore) : les Erizu Teriyaki’s Creepy Pastecs. Le nom renvoie bien entendu aux creepypasta, légendes horrifiques répandues sur le web. En bons Bretons que nous sommes, nous avons troqué le “pasta” contre un “pastec”. Ainsi est née cette série d’anthologie, dans laquelle chaque épisode mêle internet, horreur et comique, en plus d’être réalisé par une personne différente. J’apparais moi-même dans toutes les introductions. En effet, c’est mon personnage qui narre toutes ces histoires frissonnantes, dans une salle de cinéma.

Dès le début du projet, alors que je n’avais encore jamais rien animé, je savais que l’épisode que je réaliserai serait en stop motion (en grande passionnée d’animation que je suis). Pour faire le lien entre internet et le monde en pâte à modeler, j’ai alors pensé à créer un film dans le film. L’intrigue est alors venue toute seule : on allait suivre une streameuse (incarnée par ma soeur, Coralie) qui allait se retrouver plongée au coeur d’un film en stop motion, en plein live.

Bienvenue sur la chaîne SuzieBreizh !

D’abord sorti sur la chaine YouTube des Creepy Pastecs, mon épisode, intitulé Au Royaume de Kissouland, est désormais disponible sur la chaine Erizu Teriyaki.

MAKING OF

Création des personnages

Si mes souvenirs sont exacts, la création des personnage a commencé durant l’été 2023. Avec mes frères et ma soeur, nous avons travaillé sur le bestiaire en créant diverses créatures en pâte à modeler. À l’époque, on a fait au plus simple avec de la pâte Play-Doh. De plus, nous n’avons utilisé aucune armature pour faire bouger les personnages (faut me comprendre, c’était ma toute première expérience en stop motion). Par la suite, je suis partie sur Paris pour un stage, le projet s’est donc vu mis sur pause pendant six mois. Six longs mois pendant lesquels mes personnages ont été rangés dans des boîtes et ont progressivement ramolli (on ne se moque pas !). En décembre 2023, le Père Noël m’a ensuite offert mes deux premières vraies armatures de stop motion.

C’est durant l’été 2024 que le projet a réellement commencé à prendre forme. J’ai recouvert mes deux armatures – qui allaient devenir mes deux personnages humains principaux, Suzie et le prince – avec de la pâte Fimo couleur chair. Cette première expérience avec Fimo n’a pas forcément été facile. Je n’avais jamais été habituée à une pâte aussi dure (quand j’étais petite, c’était pas pareil !). Elle s’effritait beaucoup, je n’en pouvais plus. J’ai donc terminé le pied de Suzie avec de la Play-Doh bleue. Ainsi, Suzie portait une chaussette et c’était très bien comme ça. J’ai ensuite pris de la pâte beaucoup plus basique pour créer les cheveux, les yeux (des yeux tous noirs, inspiration Coraline) et la bouche.

Attention, cette image est interdite aux moins de 18 ans

Pour les vêtements, pareil, j’ai fait au plus simple. La protagoniste est vêtue d’une tenue appartenant à une peluche de Bart Simpson (en plus du petit bonnet jaune d’une poupée, dont on a coupé le pompon). Quant au prince, c’est la tenue de bal de Ron Weasley dans Harry Potter et la Coupe de Feu. Avec une bague en guise de couronne, ceci dit.

En même temps, j’ai complété le bestiaire avec des petites figurines d’animaux tous mignons… mais qui ne sont, vous l’aurez compris, pas des créations personnelles. Pour mon tout premier travail de chara-designeuse, j’avais certes appris beaucoup de choses mais il me restait encore beaucoup de chemin à parcourir (encore aujourd’hui, d’ailleurs).

Le prince sent comme la tante Tessie.

Création du décor

Dans le même temps, pendant l’été 2024, je me suis attelée à la création de mon décor. À l’époque, je misais énormément sur la pâte à modeler pour enfants, je l’ai donc utilisée pour les routes et la plage. Je souhaitais que cet univers paraisse le plus faux possible, afin de contraster avec le monde réel en prise de vues réelles. J’ai agrémenté la plage de perles en forme d’étoiles et coquillages. Au bout d’un moment, je me suis rendue compte que je n’avais pas assez de pâte à modeler jaune. Un peu embêtant quand on veut créer une plage. J’ai donc utilisé une pâte blanche, que j’ai colorée avec de la peinture jaune. J’ai réussi à obtenir quelque chose même si ce n’était pas exactement la même nuance de couleur. De plus, je ne devais surtout pas déformer la plage, sous risque de dévoiler des traces blanches (ce qui va un peu contre le principe de la pâte à modeler, on est d’accord).

J’ai utilisé des faux parterres d’herbe que j’ai recouverts un peu partout sur de la mousse. J’ai pris de longues fausses plantes roses pour servir d’arbres (j’ai pensé que cela ressemblerait peut-être à du Dr Seuss mais je ne sais pas si la référence est vraiment compréhensible). J’ai également planté dans la mousse de longues fausses roses en bois. Des plantes immenses à l’échelle des personnages, ce qui allait avec l’idée d’un monde étrange et magique. Pour remplir toute la partie herbeuse, j’ai ajouté également quelques oeufs blancs en plastique, sur lesquels j’ai peints quelques points verts, afin d’évoquer des oeufs de Yoshi ou de Pokémon (un oeuf dans un monde magique, ça comporte forcément des taches vertes). J’ai ajouté quelques pompons, quelques jolies pierres et une grosse pomme de pain parce que… bah voilà, quoi, c’est un monde magique.

Animation non retenue dans le film, avec un fond noir

Pour combler une partie encore vide de mon décor, j’ai décidé d’y ajouter un cours d’eau. Pour ce faire, j’ai utilisé du slime violet et pailleté. Un drôle de choix puisqu’au bout de quelques jours, le slime avait été absorbé et a seulement coloré la mousse. Bon, quand on voit le film, on entend un bruitage d’eau, ce qui permet à l’illusion de fonctionner (enfin, je crois). J’ai placé de vrais bâtons de bois, pour constituer une espèce de barrage de castor. J’ai également ajouté du vrai sable, coloré dans des teintes bien girly (rose, violet). On a donc du sable en pâte à modeler qui côtoie du vrai sable coloré, tout un concept.

Après avoir construit mon décor, il fallait bien lui donner un fond. Au début, je voulais un fond d’une couleur unie (verte ou bleue) pour ensuite recréer un paysage en post-production. J’ai donc testé avec un fond noir. Le hic : mon décor contenait bien trop de couleur, un fond vert ou noir aurait fait disparaître les jolies teintes de Kissouland. J’avais aussi envisagé d’imprimer un arrière-plan déjà tout fait, mais j’ai préféré le créer entièrement. Je voulais rester sur quelque chose de très fait-main et enfantin. J’ai donc pris de grandes feuilles blanches que j’ai peintes en bleu. J’ai également dessiné des collines ainsi que quelques montagnes. Enfin, j’ai collé des gros cotons blancs pour faire office de nuages.

Un autre fond que j’avais imprimé avant de vouloir créer le mien

Une pastèque en bonbon est également cachée dans le décor. Toute Creepy Pastec digne de ce nom se doit d’intégrer une pastèque dans son récit. Kissouland était né.

TOURNAGE

Le tournage a enfin commencé pendant l’été 2024. À l’époque, je prenais les photos avec mon iPhone 11. Ce dernier était maintenu par un mini-trépied assez instable. De plus, je ne doublais jamais mes photos, ce qui explique le rendu très saccadé de l’animation.

Je me suis parfois aventurée à réaliser des plans-séquences, notamment le plan où un oeuf roule, se brise et éclot. Je me contentais de changer progressivement la rotation de mon iPhone, rendant ainsi les plans complètement épileptiques.

Création du DVD qui apparaît dans le film

En tant que débutante, j’ai forcément fait face à un certain nombre de galères. Les personnages tombaient tout le temps, on devait parfois les contorsionner dans des positions bizarres pour espérer qu’ils restent à leur place. La majeure partie du temps, c’était mes frères et soeur qui bougeaient les figurines, pendant que je prenais les photos. Je chipotais souvent en disant “non, le personnage a trop bougé !”, provoquant un immense sentiment de désespoir parmi mes camarades. À chaque téléportation de créature ou autre déplacement d’objet dans le décor, on se dédouanait tous avec cette fameuse phrase : “Au pire… c’est un monde magique !”

Et c’est sans parler de la partie en live action. On ne parlera pas de ce plan-séquence tournée avec ma soeur, qui a été refait plusieurs fois. Jusqu’à temps d’être bien contentes de ce qu’on avait tourné, bien sûr, mais aussi parce qu’on oubliait régulièrement des éléments importants. On a, par exemple, tourné une prise entière alors que Coralie ne portait pas son bonnet jaune.

Ah bah si Quentin pique le bonnet aussi ! (oui, il y avait encore le pompon)

POST-PRODUCTION

Après ce tournage acharné (mais si), l’heure du montage a sonné. Pour donner cette impression de livestream, on a superposé plusieurs images : celle contenant les séquences animées et celles dans lesquelles Suzie interagit avec son public. Afin de dynamiser le tout, on a intégré une barre de chat sur le côté droit (remplie de commentaires doux et gentils).

À l’époque, nous n’avons pas passé beaucoup de temps sur l’étalonnage. On a néanmoins rendu les couleurs plus douces, leur donnant un aspect peut-être plus pastel. Bien entendu, on a ajouté quelques effets visuels ici et là (des scintillements, de la fumée, du sang). Pour le son, on a recouru à plusieurs bruitages gratuits, disponibles sur internet.

‍ ‍Ça a été dur quand il a fallu tout détruire, à la fin…

Le plus amusant, c’était bien entendu le doublage. Avec mes frères, ma soeur et mon père, nous avons donné nos voix à plusieurs monstres de Kissouland (en ce qui me concerne, on m’entend surtout sur les animaux mignons, comme le petit poussin). Ma soeur Coralie et mon frère Quentin ont donc interprété les personnages de Suzie et du prince. On a dû refaire quelques prises puisque les sons inintelligibles de ma soeur ressemblaient parfois beaucoup à des cris de singe. Si dans les premières prises, Suzie ne faisait principalement que crier, ma soeur est de plus en plus partie en impro pour faire prononcer quelques vrais mots à son personnage.

Enfin, c’est mon frère Quentin qui a composé la bande-originale du film, donnant ainsi une ambiance toute mignonne à la charmante contrée de Kissouland. En bonus, mon père a composé une charmante petite chanson, interprétée par la voix mélodieuse de Quentin. Cette douce mélodie est disponible en karaoké sur la chaîne YouTube des Creepy Pastecs.

CONCLUSION

Au Royaume de Kissouland est mon tout premier projet en stop motion. En tant que tel, l’épisode reste très imparfait. L’animation saccade énormément et l’histoire n’est pas toujours des plus compréhensibles. Entre le court-métrage que j’avais dans la tête et celui qui est sorti, la différence est énorme. Cependant, grâce à cette expérience, je me suis découverte une passion pour l’animation image par image. J’ai aimé créer mes propres personnages et les faire interagir dans ce monde crée par mes soins.

J’allais cependant faire bien mieux après, avec Dans l’Ombre des ondes, mon projet suivant…